Peut-on développer davantage le Commerce au Sénégal ?

Si on fait un diagnostic aujourd’hui de ce secteur, on trouvera des fractionnistes de tous bords car on est arrivé de temps à une époque d’implosion des groupements  et des syndicats du commerce. Il appert de ses derniers développements du landerneau politique commercial du Sénégal, que les syndicats classiques sont en dislocation.

La plus part, ces dirigeants de ces syndicats  ont sacrifié leurs lieutenants les plus aguerris et leurs jeunes au profit de leurs propres intérêt personnels. Mais ce qui est regrettable c’est que certains syndicalistes de ce pays  ont un problème pour renoncer. Ils sont prêts à accepter jusque dans la bassesse pour diriger. Donc en résumé, on peut dire aujourd’hui que les syndicalistes sont dans une phase à la fois de crise et de mutation profonde et multidimensionnelle. Tous soulignent que les changements importants de cette nouvelle génération se sont opérés particulièrement au cours de ces dernières années, dans la manière de penser, d’agir et de réagir. Et pourtant certains  dirigeants de ces syndicats  gardent toujours le silence pendant qu’une frange de cette nouvelle génération se bat pour émerger. Quoi qu’il en soit le commerce doit être aujourd’hui pour le pays : la mise en vivre d’une stratégie de développement,  mais aussi de diversification des produits  avec  l’aide  d’une professionnalisation des producteurs et exportateurs qui auront la maitrise de leurs produits et seront capables de répondre aux exigences du marché extérieur, surtout en termes de qualité.  Le Sénégal dispose suffisamment de terre et l’eau. La demande extérieure en fruit et légumes ne pourrait être satisfaite quand bien même si  toutes les surfaces actuellement cultivable était consacrées à l’exploitation. La question du marché ne pose pas qu’en termes de norme. Or les exigences de la principale destination qu’est l’union Européenne sont connues et la réponse est accessible. La léthargie sénégalaise est autant scandaleuse car ces chiffres en rendent compte. Par exemple, un hectare (1ha) de mangue offre un rendement de 45 tonnes sans irrigation et jusqu’à 75 tonnes avec irrigation. Ce qui correspond à un chiffre d’affaire à l’exploitation de 54 millions à 90 millions FCFA par hectare. Cependant, la production annuelle de ce fruit, dans une occupation irrationnelle du sol, est encore estimée à 75 milles tonnes dont 85% pourrissent. La tomate séchée offre un rendement à l’hectare de 70 tonnes vendu à l’export à peu près de 70 millions FCFA la tonne. Le melon, timidement produit offre un rendement moyen à l’hectare de 15 tonnes et une valeur à l’export supérieure à 9 millions FCFA. Le marché du piment correspond à un volume de 11 milles tonnes  pour une valeur de 33 milliards FCFA. Son rendement à l’hectare est de 15 tonnes au Sénégal. La liste ne saurait être exhaustive. Et aucune contrainte ne justifie la frilosité. Aujourd’hui on doit promouvoir un commerce à plus grande valeur ajoutée qui ne considère pas le commerçant comme un ventre à remplir, mais comme un être à enrichir, à tout point de vue. C’est à ce prix seulement que le commerce jouera réellement son rôle de locomotive du développement. En tout cas on peut dire qu’une politique commercial réaliste et pratique a une influence décisive sur le développement des petites et moyennes industries plus indiquées pour notre pays en développement.

Moussa Ba

Journaliste

Laisser un commentaire