L’hésitation du Nigeria à la ZLEC : Projet phare de L’UA ; qu’en pense le Mouvement Panafricain des Leaders

L’hésitation du Nigeria à la ZLEC : Projet phare de L’UA ;  qu’en pense le Mouvement Panafricain des Leaders

La Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC), projet phare de l’Union Africaine en vue de l’intégration économique du continent, est entrée en vigueur jeudi le 30 Mai 2019. Nous avions tendu notre micro à Monsieur Peter AFADODAN, juriste, doctorant en droit public, panafricain, Président du Bureau Directeur Afrique du Mouvement Panafricain des Leaders (MPL). Peter AFADODAN loue la ZLEC, réglette l’hésitation du grand Nigéria vis-à-vis de la ZLEC et croit fondamentalement que la ZLEC va susciter des réformes qui donneront à l’Afrique une position d’acteur mondial.  

Bonjour Monsieur Peter AFADODAN, Pouvez-vous présenter le Mouvement Panafricain des Leaders MPL à nos lecteurs ?

Bonjour Madame. Je me réjouis de l’opportunité que vous nous offrez et je vous en remercie.

Le MPL a été créé à Dakar au Sénégal par les jeunes venant de 23 pays africains en février 2017. Il a pour ambition de mobiliser toute la jeunesse africaine en vue de la réalisation de la vision de 2063 de l’UA.

Au-delà de sa vision sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des Africains, le MPL est un mouvement qui vise à unifier les Africains du continent et de la diaspora en une communauté africaine globale. Le cœur de son principe est la croyance que les peuples d’Afrique et de la diaspora partagent une histoire et une destinée commune et que leur progrès social, économique et politique est lié à leur unité. Son rêve ultime est de voir la réalisation d’une organisation politique intégrée de toutes les nations et peuples d’Afrique, c’est à dire les Etats unis d’Afrique.

Le MPL est présent à ce jour dans 25 pays africains et nous envisageons de couvrir toute l’Afrique d’ici 2020.

C’est dans la dynamique de réalisation de ses objectifs mais aussi de contribuer à la réalisation de la vision 2063 de l’UA que le MPL a initié depuis trois ans, le projet de forum panafricain des Leaders qui réunit tous les ans dans une capitale africaine, les jeunes leaders africains pour réfléchir sur les défis actuels qui se posent au continent mais aussi pour pencher sur le rôle que doivent les jeunes africains pour une Afrique unie, prospère, forte et jouant un rôle important sur la scène internationale.

Tout récemment, votre Mouvement a animé une conférence sur la Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC). Le Jeudi le 30 Mai 2019 passé, la ZLEC est entrée en vigueur. Pouvez-vous nous parler brièvement de quelques objectifs de ce projet de l’UA ?

 Tout d’abord, je voudrais ici exprimer mes sentiments de joie en tant qu’un panafricain pour cette excellente nouvelle pour l’Afrique. C’est une excellente nouvelle pour l’Afrique ! La ZLEC est l’un de des projets phares de l’agenda de l’agenda 2063 qui vient d’être mis sur les rails. Que le Président en exercice de l’UA, Son Excellence Abdel Fattah Al-Sissi, le Président de la Commission de l’UA, son Excellence Moussa Faki, les autres commissaires et tous ceux qui ont œuvré pour la réalisation de ce projet, trouvent ici toutes nos félicitations et hommages. 

La ZLEC a été signée depuis mars 2018 par 52 Etats africains sur 55. A ce jour, elle est ratifiée par 22 Etats ouvrant la voie à son entrée en vigueur conformément à l’accord instituant la ZLEC. Avec la ratification de l’accord par les 28 pays restant, la ZLEC ouvrira l’accès à un marché de 1,2 milliards de consommateurs pour un PIB cumulé de plus de 2500 milliards de dollars US.

ZLEC vise à accélérer le commerce intra-africain et à renforcer la position commerciale de l’Afrique sur le marché mondial.

La zone de libre-échange va permettre l’élimination progressive des droits de douane entre pays membres, favorisant ainsi le commerce au sein du continent et permettant aux pays africains de s’émanciper d’un système économique trop centré sur l’exploitation des matières premières. La ZLEC ambitionne d’augmenter le commerce intra-africain de 60% d’ici 2022 contre 16% actuellement.

La ZLEC permettra et stimulera la diversification des économies africaines et de l’industrialisation du continent qui créera des millions d’emploi pour les jeunes.

Un dernier objectif de la ZLEC, c’est offrir une plateforme unique à l’Afrique pour négocier de meilleurs accords commerciaux avec l’extérieur.

En reprenant les propos de l’économiste Carlos Lopes, professeur à l’Université de Cap en Afrique du Sud, je dirai qu’il s’agit là, de la plus grande avancée vers l’intégration régionale de l’Afrique depuis la fin du colonialisme.

Par ailleurs, il faut préciser que la phase opérationnelle sera lancée en juillet prochain lors d’un sommet de l’UA à Niamey, après bien évidemment la finalisation d’instruments tels que les mécanismes d’arbitrage et la définition des règles d’origine des marchandises mais aussi des mécanismes de lutte contre la corruption.

A vous écouter, vous êtes optimiste alors que certains Etats comme le Nigéria sont méfiants vis-à-vis de la ZLEC.

  Évidemment, je suis un afro-optimiste. Je dis toujours qu’on n’a pas de raison de ne pas croire en avenir de notre continent. Et surtout, chaque fois qu’une initiative allant dans le sens d’une meilleure intégration africaine est réalisée, au MPL, nous louons et nous célébrons l’initiative.

Selon des estimations provisoires, la ZLEC devrait apporter de considérables bienfaits au niveau des résultats commerciaux et de l’intégration régionale. La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique estime que le commerce intra-africain, largement dominé par les produits industriels et les biens manufacturés, pourrait augmenter de plus de 50 % et même doubler dix ans environ après l’entrée en vigueur de la ZLEC, si les réformes envisagées sont pleinement réalisées et complétées par de solides mesures de facilitation des échanges

Cette augmentation s’expliquerait par l’obligation pour les pays participants d’éliminer les droits de douane sur 90 % des marchandises au moins. Les économies d’échelle réalisées grâce à l’élargissement du marché continental pourraient faire baisser les coûts généraux de production qui demeurent très élevés, stimuler les échanges et les investissements transfrontaliers sur le continent, et attirer de nouveaux investissements directs étrangers vers la région.

Parlant du cas du Nigéria qui hésite encore vis-à-vis de la ZLEC, je la réglette profondément mais je reste confiant que le grand Nigéria rejoindra bientôt le train qui est en marche. Le Président BUHARI a déjà reçu le rapport d’impact de la ZLEC sur l’économie nigériane. Par ailleurs, une étude de la chambre du commerce nigériane montre que sur 10 patrons, 8 sont favorables à la ZLEC. Le Nigéria rattrapera le train sûrement.

Dans tous les cas, tous les Etats ne seront pas prêts au même moment. Ceux qui sont prêts doivent avancer. Rien n’est plus grand que d’accepter faire des sacrifices au profit d’une Afrique unie, porte et rayonnante. Tout n’est pas rose et tout ne sera pas rose mais ensemble, il est déjà démontré plus d’une fois que le continent sortirait gagnant.

Votre mot de fin, Monsieur Peter AFADODAN.

Je lance un vibrant appel à tous les Etats qui n’ont pas encore ratifié la ZLEC de penser à l’Afrique. Nous les exhortons d’accepter les sacrifices au profit de l’Afrique. L’avenir et le devenir de l’Afrique en dépend. Si réellement nous voulons « Une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable », première aspiration de l’agenda 2063, la ZLEC est un passage obligé pour la réalisation de ce vœu.

Je crois fortement et fondamentalement que la ZLEC va susciter des réformes qui donneront à notre Afrique une position d’acteur mondial.

Je vous remercie.

Interview réalisée par Fatoumata KEITA

 

 

 

 

 

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