Conakry:La migration des ordures et le terrorisme de l’insalubrité

La mère nature est tellement généreuse que tout ce qu’on lui donne elle nous le rend souvent en double, quand on sème une graine on en récolte plusieurs, les déchets que nous lui donnons elles les gardent jusqu’au moment opportun pour nous les rendre si fidèlement et dans la plupart des cas en multiples récompenses. On va même jusqu’à dire qui sème le vent récolte la tempête.

À Conakry après la pluie ce n’es jamais le beau temps. Les dégâts causés par les premières pluies en ce tout début d’hivernage 2019 sont plus qu’énormes, en deux semaines seulement depuis le début de l’hivernage, 8 victimes de l’irresponsabilité vis-à-vis de l’écologie et l’habitat dans la capitale guinéenne alors que nous n’étions qu’a 2 /32 semaines hivernales qui connaitrons le pic en mi-août Septembre. Les choses vont de mal en pire, rappelons un fait très récent l’éboulement de terrain survenu mardi 22 Aout 2017 au quartier Hamdalaye en banlieue de Conakry avait enterré vivant 8 âmes en majorité des enfants faisant une dizaine de blessés, sur le coup le gouvernement qui fait souvent la politique de l’Autriche avait déclaré 5 mort alors que la presse locale, étrangère et la croix rouge avaient comptabilisés 8 morts et 3 maisons détruites.

La Guinée es un pays des records tristes, elle est classée 19ième des 25 villes les plus sales au monde (d’après des statistiques du magazine Forbes). Avec l’urbanisation désordonnée, et la démographie galopante 2,84%/ an (selon le site population Data.net) plus de 3 million d’habitants, la ville ressemble à une décharge à ciel ouvert faute de véritable politique de gestion des déchets. L’opération « Conakry Ville Propre »serra lancé en Juillet2018, elle consiste à interdire la circulation routière dans la Capitale Guinéenne entre 5h du matin et 11h le dernier Samedi de chaque mois. Cette campagne éphémère se soldera en échec lamentable car n’impliquant pas les acteurs dynamiques comme les ONG environnementales et PME et ne prenant pas en considération le fait que les ordures sont accumulées quotidiennement par les ménages et entreprises. Les populations manquent de sensibilisation, donc transforment les carrefours, les bordures de mers et les caniveaux en dépotoirs d’ordures. Ces populations n’ayant aucun recourt pour se débarrasser des ordures ménagère se faufilent jusqu’à récemment dans les ténèbres et le silence de la nuit pour aller poser les sacs d’ordures sur le trottoir de l’autoroute tout au long de la banlieue ou se précipitent à les getter tout simplement dans les caniveaux pour s’attendre à ce qu’ils soit drainer par les eaux des pluies mais dorénavant elles le fait en plein jour sans aucune inquiétude.
Le premier gouvernement du président Alpha Conde à son arrivé en 2010 avait mis en place une commission interministérielles chargé des assainissements , ladite commission avait estimée en 800tones jour de déchets solides avec une capacité d’évacuation de 300-400 tonnes par jours faisant donc un déficit entre le besoin en évacuation et l’évacuation réelle selon Mr Ibrahima Sylla Président de la commission a l’époque il y a donc conséquemment des accumulations énormes par jour.

Le ministère de l’administration et du territoire abrite un service appelé Service Public de Transfert des Déchets(SPTD) qui emploie 250 agents et se passe des services quotidiens de 600 femmes balayeuses pour toute la ville de Conakry en 2016 et cela sans obtenir un résultat souhaitée. Le gouverneur de la ville de l’époque le Col. Sékou Resko Camara avait déclaré que le budget du gouvernorat ne peut pas suffire pour faire face aux tas d’immondices qui enflaient les différents quartiers de Conakry et empêchaient déjà la respiration, la circulation, la cohabitation et voire l’émancipation. Il y a un manque total d’action cohérente, pas à même de relever les défis d’un monde dynamique soumis aux enjeux de la modernisation du changement climatique que l’inclusion sociale et voir même des villes smart. Dans le domaine de l’urbanisme et de l’habitat, la Guinée fait face à une pression de plus en plus forte et dont les conséquences se manifestent par l’occupation spontanée et anarchique des espaces de tout genre les plus nantis se repoussent la mère en creusent des tombent pour y habiter et les plus pauvres construisent des maisons de fortunes sur les chemins des eaux le cas de la tragédie de Dabondi Makiatouré ou le 17 Mai 2019, 5 enfant d’une même famille ont péris sous la violence impitoyable des eaux et l’œil misérable d’une mère (Madame Mabinty Camara) en détresse . Le maire contesté de la commune de Matoto Mamadouba Tos Camara fut hué par une foule en colère pour la mauvaise gestion de la salubrité dans sa zone et le domicile du chef du même quartier fut lynché. Un autre exemple est celui de l’effondrement d’un mur d’une station d’essencerie au quartier Cobaya le 17 Mai 2019 a couté la vie à l’écolier David Haba âgé seulement de 12 ans et à qui on aurait chargé de venir jeter des ordures sous la pluie a 21h, les témoignages affirment que le ce mur était construit sur le chemin des eaux d’écoulement en provenance de la colline de Cobaya et T6 direction le bas fond. La même nuit les riverains du quartier Momo liberté à Dixin ont été surpris à 1h du matin par des vagues d’ordures à leurs portes et différents artères des quartiers.
A Matoto 2ème porte le 3 Juin il ya eut une inondation qui drainer les ordures dans les caniveaux qui sont bouchées empêchant les riverains d’ouvrir leur boutiques et vaquer à d’autres affaires, l’eau se frayant toujours un chemin occupent la route jusqu’au une hauteur d’une cinquantaine de mètre ce qui bloque la route Sangoya-Matoto complètement et met tous les usagers intrépides en danger.

Les partenaires internationaux s’impliquent peu à peu dans l’idée de changer l’image de cette petite ville qui souffre pourtant, l’Union Européenne mobilisait déjà en Janvier 2017, 42 millions d’euros dans le cadre du programme de développement urbain et d’assainissement en Guinée (SANITA) pour soutenir les villes durables en Guinées et cela pour appuyer la « vision Grand Conakry 2040 » initié par le gouvernement.

Pour l’année 2019 le budget du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire se chiffre à cent quinze milliards huit centre quatre-vingt-treize millions six cent trente-un mille francs guinéens ( 115893631000 GNF ) contre un montant de soixante-trois milliards vingt-cinq millions six cent quarante mille francs guinéens (63025640000 GNF ) en 2018. Soit une augmentation de cinquante-deux milliards huit cent soixante-sept millions neuf centre vingt onze mille francs guinéens (52867991000GNF), ce qui correspond à 84%. A quoi cela servira en réalité ? Attendons voir.

Malgré ce budget par la suite de ce énième drame honteux le gouvernement guinéen annonce de façon émotive, pompeuse et populiste un magot de 100 millions d’euros qui nous s’avons tous n’aura que la raison d’être décaissés mais n’irons pas vers la destination « insalubrité et habitat » car la Guelle du projet de modification constitutionnelle et éventuellement 3eme mandat est largement ouverte avec des campagnes masquées partout déjà dans le pays. L’opposition quant à elle fait les larmes de crocodiles en faisant des descentes médiatisées à chaque occasion de ces genres aux domiciles des familles éplorées pour exprimés une amertume et en faire campagne politique, très déplorable.
Le fameux nouveau ministre de la ville et de l’aménagement du territoire M. Ibrahima Kourouma qui fut débarqué du ministère de l’éducation par suite des scandales et de manque de résultats avait fait comprendre son ambition lors de son passage à l’assemblée nationale en Décembre 2018 de baisser la proportion des populations urbaines vivant dans les bidonvilles de 17,3% en 2016 à 10% en 2020 ; d’accroître le taux d’accès des populations à des logements décents de 44,5% en 2016 à 55% en 2020 ; d’accroître le taux d’accès des populations urbaines à un logement décent de 21,7% en 2016 à 30% en 2020 ; d’actualiser les schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme de 12 villes et d’élaborer les schémas des villes restantes et du Grand Conakry Vision 2040. Ce plan s’ajoute à une autre politique qui repose sur les orientations du PNDES (Plan National de Développement Economique et Social) et sur la politique nationale de l’Habitat communément appelée «Vision habitant 2021». Désormais même les poulets ne s’attrapent pas par simple appel, il faut lancer les grains pour qu’ils s’assurent que se n’es pas un piège.

Des initiatives citoyennes comme L’ONG « Association Guinéenne d’Eveil au Développent Durable (www.ongagedd.org) », #Selfies Déchets, l’ONG Destin en mains, le mouvement Sauvons nos Iles et d’autres font d’efforts pour sensibiliser les populations, assainir des lieux publiques et interpeler les décideurs sur les enjeux de l’insalubrité et de la gestion des déchets.

Malgré tout force et de mentionné que la Guinée est administré à l’image de certaines cérémonies traditionnelles de baptêmes disait quelqu’un c’est-à-dire rien n’es sérieusement prévu en amont sauf la phase de gestation du nouveau-né « plus les gens affluent les lieux (invités ou non) ont fait appel aux voisins et amis pour colmater les insuffisances et satisfaire l’assistance au prix des endettements et dérangements des uns et des autres : des chaises, du riz, espaces de regroupements voir même du sel de cuisine. Bref gouverner c’est prévoir, on ne peut pas continuer à improviser des actions budgétivores et penser aux solutions miracles.

Le gouvernement guinéen fait preuve d’hypocrisie magistrale en passant l’intervalle de différents mandats à présenter incessamment des condoléances aux victimes de leurs mauvaises politiques et décisions quotidiennes. Des agents de l’administration publique parfois même des ministres dans l’éphorie de leurs nouvelles nominations cherchent à mieux plaire au président de la République (qui lui-même cautionne et promeut cette démagogie à outrance) et font des sorties parfois habillés en tenues de bureau et souliers soigneusement cirés prennent des photos pelles ou brouettes en main entrain « d’assainir » les quartiers au nom d’une campagne factices jusque-là dénommée « Conakry Ville Propre ».

Le Premier Ministre Kasory Fofana avait qualifié de « médiocre » le résultat de cette campagne d’assainissement publique lancée sous ses auspices il y a 10 mois qui consiste à impliquer les populations au nettoyage et ramassage des ordures dans toutes la ville de Conakry tous les derniers samedi du moi interdisant la circulation entre 5h et 11h du matin. Pourquoi cet échec ? Qu’aurait pu être fait en toute honnêteté ? On ne peut pas rétablir la confiance des populations si on exhibe les même méthodes qu’avant c’est-à-dire le fait que les autorités (ministres , directeurs et autres agents de l’administration) mobilise quelques jeunes et autres acolytes autour d’eux pour faire des opérations tape à l’œil . On ne doit penser faire adhérer la population à une idée que l’on ne croit pas soit même. Albert Einstein avait dit je cite « la folie c’est de faire encore et encore la même chose et s’attendre à un résultat diffèrent », les même causes produisent les mêmes effets comme nous le savons déjà.
Le besoin dépasse ces chiffres en réalité mais avec une gestion rigoureuse, rationnelle et honnête des ressources nous pouvons au moyen dégager les saletés dans l’espace publique et dans les ménages pour pouvoir enfin respirer.

L’envahissement des caniveaux par les ordures, le manque de points de dépôts et de regroupement, l’occupation anarchique des espaces publiques et le non-curage des caniveaux d’évacuation des eaux usées sont entre autres les causes de cette foire à ordure dans la ville de Conakry ou les pestes font leur pèlerinage.
Le manque d’utilisation du plan cadastral national et urbain dans les constructions conduit à des élans et conditions catastrophiques.

La somme de 75 milliards a été déjà débloquée dès les premières semaines de l’arrivé de Mr Koli Kourouma à la tête du Ministère de l’assainissement et l’hydraulique et deux sociétés (l’une s’appelle PICINI et appartiendrais à Madame Aminata Touré maire de la commune de Kaloum et la seconde est la fameuse société Turque Albayak qui avait obtenu dans les conditions opaques en Aout 2018 la concession d’une partie du port autonome de Conakry qui fait d’ailleurs l’objet des contestations par le syndicat des dockers autour de l’obtention de ce contrat gré à gré et ses avantages relatives pour la Guinée ) , ces sociétés ont étés sélectionnées sous la base d’un appel d’offre qui laisse des doutes sur les conditions d’octroi pour la gestion de la pré-collecte des ordures dans la ville de Conakry.
Mr Kourouma annonce plus de 20 mille poubelles et 220 conteneurs d’ici trois mois et souligne l’existence de 30 camions d’une capacité de 600m3 qui feront 8 rotations par jour chacun (600m3 x 8rotations x 30 camions est égale à 144000 tonnes) donc selon lui cela pourra suffire pour rendre la ville de Conakry propre. Néanmoins l’agence nationale de l’assainissement et de la salubrité (ANASP) estime que les habitants de Conakry produisent 1200 tonnes d’ordures par jour. Nous attendons les résultats de cet autre plan. L’un des problèmes est en Guinée on n’a pas la culture du jusqu’au bout si ce n’est pas dans la mise à sac des fonds publics.

L’Ethiopie des pays qui était une considéré comme une honte pour l’Afrique à cause de la famine et les guerres civiles il y a quelque années a inauguré la première usine transformation des déchets solides en énergies il y a quelques années, à rappeler de passage que le pays exporte une grande partie de l’électricité produite sur son sol vers les pays voisins comme le Djibouti, le Soudan et bientôt le Kenya.

La Gambie avait déjà la tradition du service sanitaire et d’assainissements publics hebdomadaires dès le début des années 2000 et le Rwanda l’a emboités le pas récemment. Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’assainissement public est le rôle des citoyens car ils sont en train de payer d’impôts pour que l’Etat s’en occupe d’ailleurs des impôts pour la salubrité public sont payer par tous les petits marchands dans tous les quartiers. La Sierra Leone qui a fait 11 ans de guerre es ou la jeunesse guinéenne parte en aventure est un parfait exemple du rôle d’un Etat dans la gestion la salubrité en 2007 le Président Bai Kuruma avait reçu un coup de main de ses partenaires libanais à hauteur d’une dizaine de camions et il s’est investis pour la propreté de la ville et aujourd’hui les nouveau gouvernements ne font que suivre ce chemin salutaire. Les actions Etatiques doivent être une continuité.

Les forages constituent un autre danger pour les citoyens ou la nappe phréatique es hautement polluer, elles sont creuser de façon désordonnée dans toute la ville de Conakry, par exemple dans le seul secteur de Koloma Soloprimo ou j’habitais entre 2014 et 2017 il y a peu près de 8 de forages juste en dessous de cimetières du quartier, ce qui expose les consommateurs à des risques d’infections vu déjà que la nappe phréatique de toute la ville de Conakry qui es grandement pollué par des fosses septiques n’ont protégé par galvanisation. Les déchets fécaux humains et décompositions des corps dans les cimetières peuvent être source de pollution si la profondeur normale n’est pas respectée lors des forages. C’est à l’Etat de réguler le secteur pour éviter des épidémies dans les années avenir.
Les conséquences des eaux de ruissellement sont énormes, le choléra qui es une épidémie qualifiée de « la maladie des mains sales » que nous on considère comme « maladie des villes sales » elle est latente peut resurgir à tout instant car il avait fait beaucoup des victimes en 2004, d’autres maladies diarrhéiques comme les Salmonlauses communément appelés fièvre typhoïdes, les dysenteries, paludisme et autres.

Quand les ordures déménagent des caniveaux vers les maisons de fortunes et les rues de Conakry cela se fait entendre au loin. Nous tenterons de proposer des solutions face à ce danger permanent et qui guettent notre santé, notre confort et nos vies.
Les points suivants peuvent être parmi les solutions que je préconise :
-Placer des poubelles public dans tous les quartiers (à l’image des sites minières de Sangaredji et Kamsar ).
-Envisager les triages des déchets dès la phase de la collecte. C’est-à-dire, placer cette fois-ci ces poubelles en catégories (biodégradables – plastiques-métaux et autres)
-Former des agents ramasseurs et les équiper en uniformes, équipements de protections individuelles et collectives
-Mettre en place un système informatique pour traquer et enregistrer et archiver les données sur la gestion des ordures
-Investir sur la logistique complémentaire nécessaire (Camions ramasseurs, machines bulldozers, poubelles, container mobiles et autres)
-Déguerpir les occupants et obstruant des artères d’eaux de ruissèlement (kobaya, Lambanyi, Gbessia, kaporo marche …matoto khabitaya , Tawya …)
-Impliquer et encourager les sociétés privées (PME) évoluant dans la pré-collecte, le transport et ou le recyclage des ordures comme Diaplast.
-Rendre effectif les dispositions légales relatives à la RSE (Responsabilité Sociétale de Entreprises) et appliquer le principe de pollueur-payeur au niveau de l’industrie guinéenne
-Faire des sensibilisations des masses sur la citoyenneté, sur les méfaits de l’insalubrité et les solutions envisagées.
-Donner la latitude aux investisseurs (usines de transformation) de transformer les ordures et les donner une nouvelle valeur. (Les décès liquides peuvent être transformés en bioénergies et engrais naturelles)

  • Instaurer des mesures rigoureuses face aux oreilles sourdes qui refuseront de nettoyer la devanture de leur domicile, bureau et boutiques et rendre l’abonnement des ménages auprès des PME chargé de la pré-collecte obligatoire avec la condition que ces dernier aient une capacité de collecte effective.
    -Coller une amende considérable aux individus qui se permettent de getter des ordures dans la rue juste en baissant les vitres teintées de leurs véhicules ou sortir de leurs domiciles pour aller poser des ordures dans les lieux publics de la même façon que le ferrait les terroristes poseurs de bombes.
    Au regard de ce qui précède, je pense que le changement doit commencer par chacun à travers son comportement et ses actions. Mahatma Gandhi disait que « nous devons être le changement que nous voulons voir chez les autres » néanmoins l’Etat doit assumer une responsabilité totale et engager les politiques, ressources et acteurs nécessaires pour réussir ce défi.

BALDE Mamoudou Korsé MBA et Consultant en Gestion de Chaine d’Approvisionnement et Logistique. Téléphone (WhatsApp): +919773523969
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