« Je ne me présenterai pas à la présidence de la FIFA. Je retire ma candidature. Je ne peux plus, je n’ai plus le temps ni les moyens d’aller voir les électeurs, de rencontrer les gens, de me battre avec les autres. En me retirant, je fais le choix de me consacrer à ma défense par rapport à un dossier où on ne parle plus de corruption, de falsification, où il n’y a plus rien ». Dans les colonnes de L’Équipe, Michel Platini a annoncé qu’il retirait sa candidature à la présidence de la FIFA, lassé par tous les recours qu’il a à gérer. L’ancien n° 10 des Bleus, suspendu de toute activité liée au football, s’est expliqué sur sa décision, en profitant également pour régler ses comptes avec son meilleur ennemi, Sepp Blatter.

« Tout est parti de Blatter, qui voulait ma peau, qui ne voulait pas que j’aille à la FIFA. Il disait souvent que je serais son dernier scalp, mais il est tombé en même temps que moi. De toute façon, ils cherchaient absolument quelque chose contre moi », a-t-il lancé avant de poursuivre. « Je connais le personnage depuis très longtemps. Je sais sur quoi il veut nous emmener quand il parle de quelqu’un. Je ne sais pas pourquoi il dit que je suis une vedette. C’est vrai que j’en suis une. Quand on se promenait ensemble, c’est vrai que les gens me regardaient et pas lui. Il a toujours eu un problème avec Platini, Beckenbauer. Il aime les joueurs, mais il ne faut pas qu’ils lui fassent de l’ombre… », a-t-il lâché, désabusé.

« Il a quelque chose de spécial dans le bien, le mal, la méchanceté, tout ce que tu veux, la gentillesse, le charme, il est intelligent, malin, machiavélique, il a quatre-vingt ans mais il a eu une vie exceptionnelle. Ça se termine mal. Je n’ai plus la compassion que j’avais pour lui mais je reconnais qu’il a fait beaucoup pour le football », a-t-il concédé, clamant toujours haut et fort sa bonne foi. « Un, Blatter me doit de l’argent. Deux, ils se demandaient avec la FIFA, comment ils vont me payer l’argent qu’ils me doivent. Trois, M. Kattner (directeur financier) m’explique comment me faire payer. Quatre, j’envoie une facture. Dix jours après avoir envoyé la facture, ils me paient. Je le déclare dans mes impôts et, aujourd’hui, ce sont les mêmes qui m’envoient devant la commission d’éthique. (…) La plupart des associations étaient favorables à ma candidature, donc c’est surtout l’administration de la FIFA qui était gênée. Ils avaient peur que je les vire ! », a-t-il conclu, plein de cynisme. Il ne lui reste aujourd’hui que cela face à cette situation inextricable…